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Il y a la parole autorisée, celle du pouvoir en place, il y a la parole des médias dominants qui sont à son service, il y a celle des réseaux sociaux où on trouve de tout et surtout n’importe quoi. Où chercher de l’info, qui croire, où dire ? Il y a des organisations alternatives qui prennent la parole, des intellectuels politiquement incorrects également, tous marginalisés très vite dans le brouillard ambiant. Mais quand on ne voit pas les lèvres bouger, quand on ne serre pas les mains qui écrivent, quand tout rassemblement devient anxiogène, comment juger droit ?
Les paroles sont accaparées par ceux qui nous disent savoir et qui sont discrédités par leur outrecuidance, ceux qui disent sans avoir rien à dire, déconsidérer dans leurs propos verbeux, ceux arrogants, suffisants, méprisants, ignares ou simplement bêtes quand ils ne sont pas méchants. On ne parle plus, on crie, vitupère, invective ; ou se tait. Atrophie des endroits où s’exprimer, débattre, palabrer, argumenter. Lassitude du bruit à défaut de son, de lalomanie à défaut de sens, de conformisme à défaut de diversité, de cabotinage à défaut de sincérité. A l’inverse du soliloque des élites, la vérité n’est pas singulière ni issue d’un unique discours, et en fut elle, elle trouve sa réalité dans la confrontation des avis de chacun-e.

 

Yves Proal

Tag(s) : #Alters Echos, #L'après Covid
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